| DÉCORATION | |
SKÊNÊ DÉCOR
Les
façonneurs
d'
univers
Plus que des décorateurs, Erwan Ruffel et Jeanne Falconetti, les créateurs de Skênê Décor développent des univers pour les entreprises CHR. Des créations très originales mais également rentables. |
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CES
DEUX-LÀ doivent forcément aimer les bars et leurs ambiances pour réussir
à les magnifier comme ils le font. Jeanne Falconetti et Er wan Ruffel
créent en effet des décors, ou plutôt des |
univers
de bars, de restaurants et d'hôtels au sein de leur société Skênê Décor.
Des univers faits de bric et de broc, où les murs se tapissent ici d'horloges,
là de tiroirs ou de cuirs froissés, où les tons tirent sur l'ocre, où
les maximes et |
les poèmes
apparaissent sur les poutres, où les valises terminent leurs voyages en
assises, où les Christs habillés de feuilles d'or se nichent dans des
murs de fausses pierres!
Et surtout où les zincs en bois massifs, fabriqués d'une seule pièce |
par les charpentiers de marine de Douarnenez, n'en finissent plus de s'étirer,
de se tordre et de s'enrouler
sur eux-mêmes. C'est beau, original, cohérent et... rentable. Aujourd'hui Skênê Décor annonce une dizaine d'établissements à son |
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compteur,
essentiellement sur l'Ouest de la France (Brest, Lorient, Quimper, Saint-Brieuc.
Saint-Malo, Rennes, Angers...). Plusieurs pubs, un café littéraire, un
autre très ambiance "Retour des Indes", un bar australien, etc.
Ou encore cet hôtel-restaurant-bar -PMU à Ploërmel: le Thy. Il résume
parfaitement l'esprit Skênê Décor, avec le bar surplombé d'un dôme en
résine peint à l'huile et dessinant de fausses pierres. De l'autre côté,
une scène digne d'un théâtre, où viennent se produire des gens comme Mickey
3D ou encore Yann Tiersen. Et enfin, à l'étage, des chambres rendant hommage
à la peinture. L'une est consacrée à Klimt, une autre à Bonnard et une
troisième ressemble à s'y méprendre à un atelier de peinture. Attachant.
" Nous assurons environ quatre chantiers par an, mais nous nous |
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déplaçons sur une dizaine ",
précise Erwan Ruffel, 34 ans, scénographe de métier
et concepteur de Skênê Décor. La plupart des commandes
passent par l'intermédiaire des brasseurs car " peu de particuliers
peuvent se permettre d'assumer seuls cet investissement. "
Du gros oeuvre à l'administratif Le patron de l'établissement décline alors son idée, son "concept" aux deux créateurs de Skênê Décor. " Ensuite nous inventons une histoire, nous nous documentons sur la thématique: Irlande, littérature, peinture... Nous tenons compte dit bâtiment pour développer notre histoire. Cette phase de travail, conclue par la présentation d'une perspective en couleur peut durer jusqu'à 6 semaines. À l'issue de cette première étape, payante bien entendu, le patron peut tout arrêter, si ce que nous lui proposons ne lui convient pas ou s'il ne dispose pas des fonds. " Ensuite le chantier débute. Sa durée moyenne est de huit |
Le THY - Ploërmel |
| à dix semaines et Skênê Décor peut | ||||||
| tout
prendre en charge, du gros oeuvre jusqu'à la finition en passant
par l'administratif (contacts avec les Bâtiments de France, respect
des normes...). " Nous faisons appel |
à
des équipes
tournantes de CDD. En moyenne, ce sont 40 personnes qui se relayent sur
un chantier, " souligne Jeanne Falconetti. Soit une quinzaine de
corps de métiers et |
notamment des métiers d'art pour les sculptures,
les vitraux, les ferronneries, les gravures... largement utilisés
par Erwan Ruffel et Jeanne Falconetti dont les créations jouent
sur les lumières (accentuation des profondeurs comme pour cette
maquette de Saint-Pierre de Rome dans la cave de l'Alchimiste à
Saint-Malo), ainsi que sur l'espace.
Des chiffres qui parlent Outre
son originalité, l'une des forces de Skênê Décor
réside dans sa rentabilité. Une notion que ces créatifs
n'occultent nullement. " Compte tenu de la forme de nos zincs, nous
doublons le linéaire (jusqu'à 30 mètres) du |
forte exploitation
de l'espace et les chiffres des établissements sur lesquels nous
avons travaillé parlent d'eux-mêmes. Sans oublier l'attrait
d'un tel univers qui, fidélise assurément une clientèle
dépaysée et sous le charme. " Les brasseurs sont
donc certains de la rentabilité, qui est d'ailleurs plus importante
pour les bars de nuit. Olivier Marie |
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LA REVUE
DES COMPTOIRS - N°77 - MAI 2004 |